samedi, 18 janvier 2003
11. Stage photo-numérique
Lorsque j'étais encore à Genève, j'avais trouvé sur Internet de nombreux sites sur la photographie au Mali. Tout au long de mon séjour, j'y ai rencontré plusieurs photographes, connus pour certains même en Europe. Leur disponibilité était étonnante, les échanges riches. Aujourd'hui, je suis en fin de séjour et j'ai proposé une formation de photo numérique sur 3 jours aux principaux photographes de Bamako grâce à une O.N.G suisse qui oeuvre beaucoup pour la photo au Mali (Helvetas). Au total, 8 photographes très attentifs sur chaque explication, nous mélangeons technique, intention artistique, forme d'expression et coutume locale. Façon étonnante pour moi de pénétrer l'esprit des Maliens. Après un mois de découverte du Mali, quelques points de repère acquis ne m'ont pas été inutiles dans ce stage...
Mes photos du Mali
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mardi, 14 janvier 2003
10. Pays Dogon
Cinq jours dans une région sans route ! Ici, soit c'est le tout-terrain 4X4 pour les fortunés et les touristes, ou la moto, l'âne, à pied pour les autres. Mon guide est un ancien berger et c'est tout à pied que nous découvrirons les villages Dogon nichés dans les falaises. Il me fera grimper des montagnes, redescendre par des gorges étroites, le trajet valant autant que les villages traversés. En plaine, le chemin est en sable où l'on s'enfonce à chaque pas. C'est dur de faire une dizaine de kilomètres dans ces conditions, mais en comparaison avec les femmes qui font le trajet quotidiennement avec dix kilos sur la tête, je suis privilégié.
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jeudi, 09 janvier 2003
9. Le marché
Jour de marché à Djenné, j'observe deux vendeurs de foulards qui captent l'attention de tout le monde. L'un fait voler ses foulards multicolores au son d'un tambourin scandé par l'autre. Il y a foule, on se bouscule. Entre les robes des femmes et les foulards, c'est une féerie de couleurs et de mouvements. Demain, je pars pour des terres très reculées sans téléphone ni l'électricité. Donc, à beaucoup plus tard.
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mercredi, 08 janvier 2003
8. Photographe de rue
J'ai rencontré un photographe-portraitiste de rue qui a lui-même fabriqué son appareil. Une grosse caisse en bois, peinte en bleu, sur laquelle est fixé un objectif et un voile noir à l'autre extrémité. Pour prendre ses photos, il n'utilise pas de film, mais du papier photographique. Comme il obtient une image négative, il la rephotographie pour en produire une épreuve positive. Il peut obtenir autant de duplicata qu'il veut à partir du papier négatif. Il s'est confectionné un laboratoire dans sa caisse bleue, avec lequel il développe aussitôt sa prise de vue. Le tout prend à peine un quart d'heure. Ses portraits ont quelque chose d'angélique...
D'une technique à l'autre...

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mardi, 07 janvier 2003
7. Les intelligences
J'observe les Maliens confectionner leurs barques (leurs pinasses pour utiliser le mot exact); l'habileté de leur travail est étonnante. Je regarde comment le couturier raccommode mon pantalon qui s'est déchiré dans un taxi-brousse; un travail d'orfèvre. Je vois comment le bateleur dirige sa pinasse pour remonter le fleuve; le geste juste, une précision innée durant des heures. Il faut une intelligence qui se mêle à un sens pratique surprenant pour en arriver là. Et subitement, je demande à quelle heure part le bus de Ségou à Mopti ou bien jusqu'à quand sert-on le petit-déjeuner à l'hôtel et là, difficile d'avoir une réponse précise. Cela semble élémentaire pour nous, mais étranger pour eux. Rien à voir avec l'intelligence, simplement une forme d'esprit, une appréhension des évènements différente...
10:15 Publié dans Journal + photos Mali | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 05 janvier 2003
6. Le temps s'est arrêté
Je suis dans un lieu atemporel. Le temps s'est arrêté, mais pas les habitants, ni leurs habitudes. En comparaison avec certains endroits du monde que j'ai vu, où le temps semble figé comme si tout était resté dans du formol, tel quel, sans vie, le décor et rien d'autre. Là, c'est totalement différent, la vie est active, bouillonnante, pétillante, mais simplement ni voiture, ni électricité, ni télévision, ni éléments de notre civilisation actuelle ne sont rentrés ici. Maisons en terre séchée, montons et vaches, culture aux champs, labourage simple perdurent dans une vie foisonnante. Je suis tout simplement projeté un bon siècle en arrière...
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samedi, 04 janvier 2003
5. Théâtre à Djenné
A mon arrivée au Mali, j'avais assisté au Festival du Théâtre des Réalités à Bamako, un panorama incisif de la scène africaine francophone. J'avais rencontré des troupes de théâtre maliennes dont la production était malheureusement des plus réduites. Les Maliens, m'expliquaient-ils, allant peu au théâtre, mais m'avaient-ils confié, nous sommes sollicités par des O.N.G. pour jouer à travers le pays des pièces à thème éducatif. Par ce moyen, le message passe bien. Hier, il y avait du théâtre à la Maison des Jeunes de Djenné. J'y suis allé. Je tombe précisément sur une représentation théâtrale dont le thème est la sensibilisation sur le SIDA. Sur scène, il est écrit Le sida tue, mais tout se joue en langue bambara. Les acteurs ont le petit ruban rouge épinglé. La guitare électrique s'enflamme. Côté public, ça rigole, ça parle, ça se bouscule, c'est la fête. Enfin, dehors à la porte, il y a tous ceux qui n'ont pas la modique somme pour acheter le ticket et qui entendront le spectacle derrière le mur...
13:20 Publié dans Journal + photos Mali | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 03 janvier 2003
4. Ca va bien
Les vendeurs de rue, j'en ai rencontré dans beaucoup de pays. Insistants, agaçants même. Le Mali ne déroge pas à la règle. C'est en observant les Maliens (eux-mêmes assaillis également par ces petits vendeurs) que la bonne façon de faire m'a été révélée. Comme tous les touristes, je répondais Non, merci, ce qui pour nous est une réponse claire et nette. Alors pourquoi insistent-ils comme s'ils n'avaient pas entendu ? Les Maliens, eux, répondent Ca va bien... calmement mais fermement, sur un ton qui laisse entendre mais ne le dit pas ... je n'ai besoin de rien. A ces mots, l'autre a compris et s'en va. J'ai pensé D'accord, toutefois ils sont du pays alors que je suis un touriste occidental... mais je me suis tout de même lancé à les imiter. Spectaculaire, le résultat ! Maintenant, avec tous les petits vendeurs du Mali, ça va bien !
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mardi, 31 décembre 2002
3. Les sauterelles
Notre bus arrive tard le soir à Mopti avec plus de 5 heures de retard. Heureusement, j'avais réservé un hôtel. Comme il fait déjà nuit, je négocie avec un petit rabatteur d'hôtel afin qu'il me conduise à l'hôtel que j'avais réservé. Mais une fois sur place, j'apprends qu'on a déjà donné ma chambre à quelqu'un d'autre et que tout est complet. Je rattrape de justesse mon petit rabatteur et nous allons à son hôtel. Je me trouve devant un taudis, mais il me rassure Il est très bien et il y a des sauterelles. Je comprends vite ce que veut dire le mot sauterelle. Je questionne le réceptionniste Il y a des sauterelles ici ?, Des touristes et des sauterelles me répond-t-il. Je n'ai pas le choix, il est tard, il y a des chambres, j'en prends une. Je crois bien que ma question a du provoquer un quiproquo car toutes les sauterelles s'étaient rassemblées derrière ma porte...
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samedi, 28 décembre 2002
2. Excursion à Markala
Je me prépare à faire une excursion à Markala, petite ville qui a eu ses heures de gloire sous la colonisation. Un grand barrage y a été construit dans les années trente, et le vieux quartier délaissé aujourd'hui, révèle le faste qui a pu régner ici jadis. Pour aller à Markara, aucun moyen de transport excepté les minibus. Un rabatteur m'y conduit et touchera ainsi sa petite commission. Nous sommes 23 dans un minibus prévu pour 15.
Au retour, cela se complique car Markala est simplement sur le passage et tous les minibus sont déjà pleins. Il y a bien une Peugeot 504 qui part depuis ici, mais il faut 9 passagers et je suis le seul pour l'instant. Heureusement, un petit rabatteur m'a vu et il a réussi à me placer dans un minibus. Archi comble, le minibus ! Peut après, un second presque vide arrive. Après discussion on transfert les quelques passagers et leurs baluchons dans notre minibus. Là, il y a franchement overbooking ! Et nous repartons. Durant le parcours, j'entends des bêlements. Je découvre qu'un mouton est sur notre toit. A l'arrivée, je suis curieux de voir la bête: il est tout emballé dans du plastique, il a juste la tête qui sort. On le pose à terre, il est enfin rassuré. Mouton et enfants compris, nous étions 28...
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