dimanche, 01 juin 2003

4. Cortège et casseurs

Un cortège impressionnant ! Cinquante mille personnes défilaient. Une atmosphère bon enfant, un mélange entre le militantisme et la promenade du dimanche. Et tout ceci aurait eu une fin heureuse si une poignée de casseurs n'avait saccagé les magasins dans la ville, là sous mes yeux et sous les yeux de centaines de badauds. Je n'en veux même pas à ces petites têtes brûlées mais au comportement de la police. Crânes rasés et foulards sur le visage, ils pouvaient casser en toute impunité, sans crainte. Et même rigoler de leurs exploits. Aucun policier n'aurait tenté de les boucler dans leurs fourgons. Dès qu'ils en avaient fini avec une boutique, ils en prenaient une autre un peu plus loin. Et tout ceci bien tranquillement. Ils étaient descendus à Genève pour faire les boutiques comme on dit...

Mes photos des manifestations à Genève


samedi, 31 mai 2003

3. Fermée comme une huître

Genève est vide, fermée. Quelqu'un a écrit sur une palissade G8, G-huit... G-huître, oui, fermée comme une huître, Genève ! Juste des phrases fugitives notées sauvagement à travers une ville déserte. Pourtant, les mots des palissades résonnent à l'intérieur, du moins à l'Université. Là, étudiants, jeunesse, intellectuels débattent, exposent, démontrent, analysent. Les colloques se succèdent, les amphithéâtres sont bondés... alors que dehors, les badauds se font photographier devant les palissades comme le faisaient les touristes devant le mur de Berlin...


jeudi, 29 mai 2003

2. Les murs parlent

Une ville barricadée produit un curieux effet sur ses habitants. Les palissades commencent à prendre la parole, on y écrit, on y dessine. C'est au petit matin que l'on découvre leurs mots. J'ai entendu une vielle dame quelque peu amnésique demander quel magasin était sous cette palissade, une pharmacie ou une bijouterie ? Il reste ici et là des vitrines nues, sans protection. Certains commerçants y affichent alors les drapeaux de la paix aux couleurs d'arc-en-ciel. Espèrent-ils ainsi jouer la carte de la solidarité de circonstance dans le seul but d'inciter les petits casseurs à ne pas s'en prendre à leurs vitrines ? Ni les uns, ni les autres ont une conscience de la paix...


mercredi, 28 mai 2003

1. La peur

Mon récit de voyage ce passe cette fois-ci... dans ma ville.
Les bijoux sertis de diamants des rues chics de Genève s'en remettent aux planches de bois. On se protège par d'épaisses palissades jaunes posées contre les façades et vitrines. Les débordements des manifestations anti-G8 font peur. Les anciens immeubles ont bien de la peine à enfiler cette cuirasse de bois qu'on essaye de leur plaquer... et les menuisiers font du cousu main en suivant les fioritures capricieuses de leurs façades... La première fois que Genève s'était ainsi métamorphosée, c'était en hiver il y a bien longtemps. Elle était alors sous une épaisse chape de neige, silencieuse, riante dans sa blancheur. Aujourd'hui, elle rit jaune...