mercredi, 07 janvier 2004

8. Uch Sharif

Uch Sharif a l'étendue d'une petite ville et non d'un petit village. Je tente de trouver par moi-même les lieux que je voudrais visiter, mais sans plan... impossible. Fini le voyageur armé de ce qu'il lui faut pour trouver seul ses points d'intérêt dans un endroit inconnu et s'y diriger d'un pas certain... fini ce zest d'autosuffisance, d'individualisme où l'on ne veut déranger personne et réciproquement, n'être dérangé par personne... S'instaure alors un autre rapport, j'imagine : je serai accueilli, ils seront curieux de savoir d'où je viens, combien j'ai d'enfants, ce que je fais. Cela commencera par une tasse de thé, l'hospitalité pour passer la nuit (car il n'y a pas d'hôtel ici). Ils me guideront là où je veux aller. Je serais leur hôte. Effectivement, c'est comme cela que ça s'est passé. Après le thé, l'on me guida dans la ville tout l'après-midi. Je suis désorienté par la noblesse du geste, geste qui n'attend rien en retour, offert alors que nous ne nous reverrons certainement jamais. J'éprouve une horrible pensée, celle qu'il y a peut-être un piège, une contrepartie qui me sera demandée à la fin (cela m'est hélas déjà arrivé). Est-ce mon esprit d'occidental qui corrompt cette belle générosité en quelque chose de suspect ? Mon réflexe est d'offrir à mon tour... mais avant tout pour dissiper en mon fond intérieur le choc d'un acte humain simple qui bouscule bien des principes en moi...

 

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