mardi, 23 décembre 2003

2. Les jardins de Shalimar

Je suis dans les jardins de Shalimar. J’écris. Un homme vient à moi, une énorme clé à la main. C’est lui, m’explique-t-il, qui ouvre et ferme les fontaines et les jets d’eau dans le parc (ces derniers fonctionnent selon l’affluence des visiteurs). Il me propose de les ouvrir pour moi. Je n’ose accepter, il repart et je continue d’écrire. Surviennent des jeunes filles qui m’abordent sans détour. Très hardies, pas du tout réservées comme le sont les Iraniennes. Hello ! D'où venez-vous ? Et j'en ai six autour de moi dans une variété de tenue graduelle qui va depuis les longs cheveux en boucles qui tombent joliment sur une robe aux couleurs vives jusqu'à la traditionnelle tenue noire où juste la fente étroite laisse apparaître les deux yeux. Sous l'avalanche de questions, arrive celle de savoir quelle est ma profession. Bien sûr je pourrai leur dire que j'enseigne l'informatique... Mais là, dans les jardins de Shalimar, je leur réponds écrivain ! et aussitôt Et qu'est-ce que vous écrivez ? (la curiosité bat son plein) Des histoires d'amour ! (ça saute aux yeux !) Elles rient et ne me croient peut-être pas, mais à voir à quel point ces deux petits yeux noirs brillent à travers la fente étroite, le mensonge en valait la peine ! L'homme des fontaines accoure et les sermonne, mais elles s'en moque joyeusement et s'en vont.

 

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