jeudi, 24 avril 2003

5. Valparaiso

Je savais qu'actuellement il faisait beau à Valparaiso. J'étais hanté à l'idée de découvrir la ville sous la pluie, sachant l'importance de la première impression. Je décidais donc de changer mon itinéraire pour m'y rendre immédiatement. Je fus donc reçu avec un ciel bleu moucheté de petits nuages très hauts que l'on ne voit pas sous nos latitudes. Sous le ciel, il y avait deux villes. La ville basse avec son port et ses bateaux, entourée d'imposants édifices en pierre de taille. Et la ville haute sur les collines, frêle comme de la dentelle, aérienne. C'est dans la ville haute que j'habite. Ma petite chambre possède une fenêtre aussi haute et large que le mur. Cela lui donne une luminosité comme une lumière venue directement du Pacifique. Je vois la baie, le mouvement des bateaux, avec cette sensation d'être suspendu dans le vide. C'est dans la ville basse que je mange. Les restaurants du début du siècle rappellent l'époque du Valparaiso glorieux où flottent à présent mélancolie et histoire du lieu. Et pour passer d'un monde à l'autre, il y a ces dizaines d'ascenseurs, plus que centenaires, qui relient la ville basse à la ville haute, dans le grincement rouillé d'un câble qui s'enroule et se déroule sans fin. J'ai l'impression que pour chaque habitant d'ici, ses tripes sont dans la ville basse et son esprit dans la ville haute.

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