jeudi, 17 avril 2003
2. Train de nuit
Souvent, l'on veut aller à un endroit, puis on regarde comment y aller. Là, c'était l'inverse, je voulais prendre le train de nuit. Pas n'importe lequel. Celui-ci qui allait à Temuco. Un train des années 1920. Un wagon spacieux tout en bois sobrement marqueté, du velours bleu roi sur les sièges. Des lampes à globe blanc comme on en faisait à l'époque, avec un éclairage très faible. Une usure, une patine du temps qui donne ce surcroît d'authenticité à l'ensemble. Côté vivant, un homme des wagons-lits qui s'appliquait à faire devant nous notre lit avec une attention et une perfection qui donnait envie de déflorer ce lit. Déflorer, car les draps avaient été repliés délicatement en une demie ouverture engageante. A ce stade, l'on sent que le trajet sera plus qu'un simple déplacement d'un lieu à l'autre. A peine je m'enfonçais dans le lit que je ressentais un mœlleux...
Le cliquetis des rails me bercera tout au long de la nuit, et à son rythme, je somnolerai des heures durant. Au petit jour, je tire les rideaux. A même sur la fenêtre, ma tête sur l'oreiller n'a qu'à contempler les arbres qui défilent. Vais-je arriver à quitter ce lit ? Il y a le petit déjeuner qui m'attend dans une salle à manger en boiserie d'époque. Le dilemme. Impossible de bouger jusqu'à ce que j'entende juste en dessus de ma tête, sur le lit supérieur, ma voisine. Elle s'apprête à descendre. J'aperçois à présent son pied nu qui se pose sur le bord de mon lit pour descendre...
C'est quand même autre chose que l'avion, tout cela...
17:00 Publié dans Journal + photos Chili | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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